Pablo-hommage à Picasso

Je m’appelle Pablo.

Pourquoi me direz-vous ?

Vous pourriez supposer qu’Henri qui vit en Espagne m’a récolté dans les environs de Barcelone, et bien non, j’ai grandi sur un bouleau suisse.

Regardez bien ma forme : n’ai-je pas la forme d’une tête de taureau ?

Le taureau est présent partout dans son œuvre : selle et guidon de vélo, dans ses dessins, sur ses toiles et céramiques.

En pérégrinant sur un chemin suisse, Henri n’imaginait pas tomber face au Minotaure !

Port Lligat-hommage à Dali

Je suis un fragment de bois jeté sur une plage non loin de Cadaques.

Je suis incapable de vous dire de quel bois je suis fait, si je viens bien de Cadaques ou de l’autre côté de la Méditerranée…

Je suis conscient que ma forme n’a rien de surréaliste avec ou sans la couleur dont Henri m’a enduit après m’avoir repêché.

Ce qui est formidable chez les artistes, c’est qu’ils ont la capacité de voir comme les fous et les enfants, comme l’a dit Paul Klee.

Je ne saurai jamais si Henri est un artiste, un fou ou un enfant….je vous laisse en juger.

Il a vu en moi cet artiste magnifique et c’est cela qui est surréaliste !

Adèle -hommage à Klimt

Je m’appelle Adèle

Vous ne serez pas étonnés qu’Henri m’ait choisie pour un hommage à Gustav Klimt, mais cela n’était pas du tout évident le jour de notre rencontre.

En vérité, le hasard a bien fait les choses car, en soulevant les épines qui jonchaient le sol sous mon pin du littoral catalan, il a décelé tout de suite mon potentiel esthétique ; n’êtes-vous pas aujourd’hui sous le charme de mon galbe doré aux reflets de vert et de bleu ?

J’ai été appelée La Femme en Or, aimée de Klimt, et mon portrait a été considéré comme l’expression parfaite du raffinement artistique viennois avant le chaos.
En me recouvrant de pigments, Henri a probablement pensé à la beauté outragée par la barbarie.

Oviri-hommage à Gauguin

Je m’appelle OVIRI

Je porte le nom d’une île méconnue où vécut un artiste connu, Paul Gauguin

C’est une drôle d’histoire, que la mienne : je suis tombé d’un palmier andalou car il est peu probable qu’on m’ait arraché de mon arbre tellement ma peau est dure et résistante.

L’âge peut-être….

Pourquoi Henri m’a-t-il appelé OVIRI, alors que je suis né à Malaga ?

Admiratif de Gauguin, il a dû penser, car il ne m’a rien dit, que la nature avait ébauché sur moi un profil masculin et qu’il suffisait de le voir et de le colorer pour me donner vie et honorer la beauté de mon peuple.

Un homme peint en hommage à Gauguin, une fois n’est pas coutume….

Vincent-hommage à Van Gogh

Je m’appelle ‘’Nuit Etoilée’’, un joli nom n’est-ce pas ?

Je suis une écorce de pin arrachée avec son arbre par la tempête à deux pas du Monastère de Saint Paul de Mausole à Saint Rémy de Provence.

Merci à Henri d’avoir été choisie parmi tant d’autres et d’avoir ainsi révélé ma beauté anonyme !

J’ai oublié mon âge mais je suis certaine que c’était en 1889, quand, prenant un rayon de soleil pour parfaire mon hâle, j’ai vu passer pour la première fois un homme portant chapeau et boite de pinceaux, couvert de tâches de peinture éclatante, mais taciturne et sombre comme l’ombre.  

Parfois, il s’asseyait en s’adossant à notre tronc et regardait songeur les nuits étoilées de notre Provence.

Un jour de mai 1890, toute la forêt a entendu une détonation ; après cela je n’ai plus vu cet homme taciturne, couvert de peinture s’assoir sous nos branches.

J’ai appris qu’il s’appelait Vincent.

J’ai pleuré….

Si vous m’accueillez chez vous, vous penserez à Vincent Van Gogh assis sous les étoiles.

Cheval d’Orgueil- hommage à Helliaz

Je m’appelle Cheval d’Orgueil depuis qu’Henri m’a ramassé au pied d’un pin de 50 ans et 3 mois (j’aime la précision), proche de Figueres, ville de naissance de Dali.

Pourquoi Henri m’a-t-il appelé ainsi ?  

Regardez-moi bien, vous comprendrez !

Moi, humble écorce déchue de mon arbre, sous le pinceau d’Henri, je suis devenu Cheval d’Orgueil, en hommage à Pierre-Jakez Hélias, écrivain breton; tout cela est le fruit du hasard bien sûr, car sans me corriger, moi qui suis fait de bois, usé par le temps et sans avenir, embelli seulement par la couleur, je deviens cheval impétueux et orgueilleux !